26 juin 2008
Madeleine et falbalas
Me voici de retour après un peu d’accrobranche, ce qui me vaut étonnamment peu de courbatures, mais les regards gênés de mes voisins dans le métro – c’est bien simple : que j’ai l’air abattu ou que je garde mes lunettes de soleil, et on m’emmène manu militari au poste pour coincer le salaud qui m’a fait ça, mademoiselle, la loi vous protège.
Et c’est dans ces conditions que je dois faire les soldes… J’en ai d’ailleurs rapporté quelques questions : pourquoi les chaussures ne sont-elles pas remboursées par la Sécu au titre d’antidépresseurs ? Et pourquoi les marchands de chaussures se sentent-ils obligés de vous refourguer un sac en plastique tout moche même quand vous avez acheté beaucoup - beaucoup trop - de chaussures ?
Hum ?
Quand vous aurez répondu, vous pourrez vous détendre avec les nouvelles de Karine Fougeray, elle fait les galettes, c’est toute sa vie.
Je vais avoir du mal à parler de ce recueil. D’abord parce que l’écriture de Karine Fougeray est loin d’être aussi forte que celle de Lyonel Trouillot, et qu’il m’a été difficile de changer de registre, de retrouver une écriture simple et douce. Passer d’un torrent rugueux à une rivière paisible. N’allez pas croire que c’est fade : en quelques mots, Karine Fougeray crée une personne, une situation, une émotion ; simplicité, certes, mais efficace. Chaque nouvelle est un portrait – d’un être, mais aussi de la mer. On croise des deux vieux sur la plage, le skipper resté à terre, les amoureux qui se chamaillent sans cesse, les enfants joueurs, mémé qui fait les galettes. A la fin, c’est la Bretagne qu’a peinte Karine Fougeray.
C’est là qu’est mon deuxième problème : je suis incapable de dire si c’est bon ou non. Si n’importe quel lecteur sera embarqué ou non. Moi j’ai aimé. Ce n’est pas un coup de cœur, mais j’ai aimé. Mais c’est aussi parce qu’elle fait les galettes, c’est toute sa vie fut pour moi une petite madeleine délicieuse et nostalgique. Ces gens, je les connais. Ces paysages, je les connais. Ce sont mes histoires, mes souvenirs, mes ancêtres là-dedans. Une douce lecture, mais saura-t-elle susciter en vous les mêmes images et les mêmes émotions ? Je n’en sais rien. Impossible de faire la part entre le talent de l’auteur et les échos que les textes ont fait sonner en moi.
Les avis de Florinette, Clarabel, Lily, Sylire (en lisant leurs critiques je m'aperçois que je ne serais pas aussi enthousiaste qu'elles)
20 juin 2008
Rue des Pas-Perdus
« Vous savez, monsieur, même pour une vieille femme comme moi qui n’a ni désirs ni reproches, le plus difficile c’est le couteau, y a toujours une arme quelque part, dans une rue, sur une étagère, qui guette tes laisser-aller et qui te dit prends moi. »
(p. 97)
Ce livre-là fut acheté presque sans conviction, par politesse. Le premier auteur de la rangée, j’ai oublié lequel, ne m’intéressait pas, et de toute façon il était caché derrière ses lecteurs. Le second, un arrêt, un livre. Le troisième, un arrêt, un livre. Le cinquième, un arrêt prévu, un livre en vue. Passer devant le quatrième comme si de rien n’était ? Un pauvre sourire ? Impossible de me réfugier derrière les lecteurs : il n'en a pas en ce moment. Il a l’air gentil. Il est tout seul. Il m’a forcément vue m’arrêter chez ses voisins, il me verra aussi à sa droite.
Alors je m’arrête. Je prends le livre le plus fin – le moins cher. Je lui demande quand même si c’est bien de commencer par celui-là ; il a l’air aussi intimidé que moi, plus même. De toute façon, il est publié par Acte Sud en France, gage de qualité, non ?
Oui.
« Un mur ça se construit, ça ne s’invente pas d’un battement de cil, j’ai eu peur, monsieur, parce qu’en fin d’inventaire, je ne savais plus qui j’étais, où j’étais, je savais seulement que dans mon mauvais rêve ou mon mauvais réveil j’avais été pendant longtemps aussi aveugle que la violence. »
(p. 29)
Le livre est fin, ça oui, il est vite lu, mais il n’a rien de facile, ni de léger. Trois personnages racontent, en alternance, les événements d’une nuit terrible, fantasmée peut-être, amplifiée, à la manière d’un conte qui aurait pris vie dans les ombres du mur derrière le griot. (Sont-ce des griots à Port-au-Prince ?)
Il y a la vieille maquerelle attentionnée avec ses filles, le chauffeur de taxi mi-affolé mi-résigné, et le jeune intellectuel distant. A vrai dire, on ne sait pas vraiment s’il est jeune, mais il a des activités de jeune intellectuel : séduire sa collègue un peu revêche, discuter la nuit avec ses amis, rêver le monde avant que de le changer. La vieille pute, elle, se fiche bien de changer le monde. Elle veut juste qu’on lui fiche la paix et qu’on la laisse mener sa maison tranquillement. Elle a vécu bien longtemps, elle veut maintenant un peu de calme, de la facilité, presque. Le chauffeur de taxi regrette sa Toyota, qui lui fut si fidèle et lui permit d’élever les Jumeaux, sillonnant les rues avec des clients tous pareils, tous différents.
Ils ne racontent pas vraiment leur vie, lâchent seulement quelques bribes au milieu de leur récit de La Nuit*. Pas exactement la même, et pourtant la même aube de destruction, de sang, d’espoirs et de vies brisés.
« Au début, c’était pas facile, je n’arrivais pas à localiser les rues. C’est une grande ville même si les avenues ne ressemblent en rien à celles qu’on voit au cinéma. Chaque rue c’est quelqu’un à part, c’est comme les enfants d’une même famille, ça se ressemble et ça se ressemble pas. Tu comprendras quand tu connaîtras mieux le boulot. Certaines sont d’une étroitesse qui fait pitié, y en a des malingres, des tordues toujours de mauvaise humeur même le jour des Rois ou le jour de la finale du championnat de football, d’autres auxquelles on fait une beauté les jours de parade ou de procession, de vieilles coquettes qui boivent en cachette et préparent autant de mauvais coups qu’elles en ont reçu. »
(p. 34-35)
L’écriture de Lyonel Trouillot est magnifique. Il trouve pour chaque personnage une voix propre qui rend inutile toute précision : de chapitre en chapitre, et au-delà de ce qui est raconté, on sait qui parle. Chacun prend corps par son Verbe, son rythme. La vieille maquerelle un peu obséquieuse et sans répit, le chauffeur de taxi qui oublie de respirer, et le jeune intellectuel aux phrases équilibrées et calmes. Lui se demande se que change La Nuit dans sa morale quand les deux autres la subissent physiquement et économiquement.
Le prologue est un peu inquiétant : le lyrisme de Trouillot, ses mots compliqués et emmêlés m’ont fait peur. Et puis ça se calme – un peu. Le lyrisme reste, le souffle emporte tout : le lecteur, ses craintes, le monde, les habitants de cette ville.
« Le chauffeur chantait avec la radio. Paresseusement l’opérateur de nuit laissait courir sur le plateau un vieux disque de Julio Iglesias. Au moment où nous descendions du taxi, la voix du matador castré qui, depuis des heures, des années, n’en finissait pas de ne pas changer, fut interrompue par le mot COMMUNIQUE. »
(p. 32)
Les mots changent les massacres en fantasmagorie. Les mots restent durs, et deux ou trois scènes m’ont fait hoqueter. Lyonel Trouillot ne cache pas les affrontements de son pays derrière de jolis mots pittoresques et vaguement cruels pour Occidentaux. Mais il les transforme toutefois en littérature. C’est un hommage magnifique aux victimes, au peuple, aux gens de cette ville où l’on trouve parfois, par hasard, une rue des Pas-Perdus, qui pourrait bien vous sauver.
« Mais les souvenirs se brouillent dans ma mémoire, et j’ignore des deux fins laquelle correspond à la réalité. J’attends la prochaine nuit pour trancher. Je veux dire la même. Qu’est-ce que vivre quand la mort met la vie en demeure ? Quand on n’a pas les moyens de ses désirs. Quand des voix extérieures qui ne sont pas des voix, rien que des ordres opposés, des tyrannies de fossoyeurs, choisissent nos rencontres, coordonnent nos parcours. André dirait que cela n’a point d’importance, que l’histoire n’a pas le temps de s’arrêter à ces détails. Mais nulle histoire humaine n’est une petite histoire. »
(p. 135)
*C’est moi qui mets les majuscules.
19 juin 2008
L’air était plein de petites aiguilles de cristal
Récit d’un voyage à pied à travers la Russie et la Sibérie tartare, des frontières de la Chine à la mer Gelée et au Kamtchatka, John Dundas Cochrane (1824)
Du voyage, de l’ancien temps, une certaine dose d’excentricité, de l’exotisme (pour moi le Kamtchatka est une destination de rêve), et beaucoup de Russie : ce titre avait tout pour me plaire.
Malheureusement, le voyageur me séduisit beaucoup moins. Le capitaine Cochrane est l’un de ces Anglais du XIXe tels qu’on se les imagine : compassé, persuadé de venir de la plus grande nation du monde, flegmatique, gentleman jusqu’au bout des ongles, cherchant l’exploit sportif, en toute simplicité. Un croisement de Phineas Fogg et de Cecil Rhodes, qu’on s’attend toutes les trois pages à entendre s’écrier « Dr Livingstone, I presume ? ». Un homme capable de recréer Britannia pourvu qu’il possède une théière.
John Cochrane s’intéresse assez peu aux pays qu’il traverse entre 1820 et 1823. Pas vraiment de descriptions de paysages ou d’habitants, l’ethnographie ne l’intéresse pas. « Ce terme fait allusion à Yermak le conquérant mais je n’essaierai pas d’expliquer pourquoi. » (p. 99) Et pourquoi donc ? Serait-ce choquant ? N’a-t-il pas compris les explications ? Serait-ce inintéressant ? Mais maintenant je veux savoir !! Ce qu’il veut, lui, c’est arriver à pieds et sans trop de dommage au but qu’il s’est fixé. Il nous raconte brièvement ses ennuis d’auberge, ses soucis de cordonnerie, quelques rencontres assez fades, et on est déjà à Saint-Pétersbourg. Il a pourtant marché plusieurs semaines… A croire qu’il s’est contenté de garder les yeux fixés sur son objectif et de serrer les dents. Voyage palpitant !
On a aussi le compte-rendu de ses relations avec les Anglais du cru et les officiels qui l’invitent et s’inquiètent de son bien-être, on a sa gratitude envers tous ceux qui l’aident de quelque manière que ce soit. Mais de vie, de pittoresque, de curiosité, point. John Cochrane ne voyage pas, il fait du sport. Aujourd’hui, il chercherait à entrer au Guinness des records, mais en 1820 il se contente de voyager le plus sommairement possible et d’économiser son argent. Il assure d’ailleurs, à plusieurs reprises, dans des manières de petits sermons moraux, qu’il ne fut jamais si heureux que dans les conditions extrêmes de son voyage, fermement assuré du soutien de la Providence, le corps et l’esprit toujours en mouvement. Un esprit sain dans un corps sain, les bienfaits de l’hygiène, et toute cette sorte de choses.
« Lord Byron traversa à la nage l’Hellespont et John Cochrane l’Okhota. Des deux exploits, le mien fut sûrement le plus difficile. Monsieur le lord n’était ni fatigué, ni affamé, ni transi de froid, ni contraint de le faire. Alors que moi, j’ai du lutter contre toutes ces difficultés. »
(p. 181)
Cela devient un peu plus intéressant quand il entre en Sibérie. On a le froid, la neige, les plus grosses difficultés du voyage. On a surtout les vraies rencontres avec les Indigènes, Iakoutes, Tchouktches, cosaques, Kargaules, Chuanses, Toungouzes, Youkagirs… Cochrane se fait un peu plus disert sur les populations, leur mode de vie, leurs usages – souvent pour les blâmer et les critiquer, certes, mais enfin on a un aperçu de la vie en Sibérie. Peu à peu Cochrane change, il reconnaît certaines vertus aux Sibériens, on sent même qu’il s’est fait des amis, mais il n’en souffle mot. Par pudeur sans doute ; de la même manière qu’il évoque à peine sa femme kamtchadale. Il se révèle ainsi dans les dernières pages tout différent, prêt à épouser une Sibérienne et à rentrer avec elle en Angleterre, à la défendre face au mépris.
Le Capitaine Cochrane n’est pas un voyageur comme je les aime : il voyage moins pour rencontrer les autres que pour l’exploit sportif ; il ne note pas grand choses hormis les conditions matérielles du voyage. Et je dois dire qu’on se lasse un peu de la comptabilité que tient Cochrane des maisons, des arpents de terres cultivées ou non, des charrettes dans les rues, des litres de vodka bus ici ou là ; de ses notations sur la température, la réserve de thé et l’incurie des guides. D’autant que les mesures sont tantôt données dans une unité, tantôt dans une autre, particulièrement les températures. Petit bémol ici pour l’éditeur, qui certes donne la conversion Réaumur-Fahrenheit-Celsius, mais n’a pas unifié le texte ni proposé de notes systématiques. Bref, on finit par savoir qu’il fait très froid sans plus vouloir calculer ce que représentent exactement 80 Réaumur sous 0… Pas de conversion non plus pour les autres unités de mesure.
Une déception donc, mais que j’ai lue jusqu’au bout, en trouvant par moment de jolies ébauches de descriptions, hélas toujours fort courtes.
« En approchant de la capitale, tôt le matin, un brouillard épais planant sur l’Angara boucha la vue jusqu’à ce que j’atteigne le monastère près de la rivière. Je remarquai soudain, au-dessus du brouillard, les églises qui reflétaient joliment les rayons du soleil sur leurs revêtements d’étain ou de cuivre. Je pris le bac pour traverser, et à huit heures du matin, j’entrai dans l’accueillante demeure du chef de la marine à Irkoutsk. »
(p. 100-101)
Comme si Cochrane se retenait pudiquement et préférait faire œuvre « scientifique » et de recensement. Je trouve ça dommage, et je ne recommanderai pas ce livre – à moins que vous n’adoriez les récits d’épopée physique mâtinés de listes !
John Cochrane récidiva dès 1824 en laissant sa jeune épouse à Londres pour partir en Amérique de Sud et mourir à Valencia en 1825.
« Mais, malgré cela, je ressentais le désir d’y retourner et d’y finir mes jours. Et ce désir est encore si fort que je n’hésiterais pas à dire adieu à la politique, à la guerre et à d’autres activités raffinées, pour jouir en Sibérie du confort qu’on peut y avoir, sans crainte d’être dérangé par un étranger ou un domestique. »
(p. 249)
18 juin 2008
La dame au violoncelle
D’elle, on ne saura pas grand-chose. Juste qu’elle joue du violoncelle au moins dans sa tête, qu’elle est mal mariée, mal comprise, malheureuse. Enfermée dans le rôle de la jeune fille de bonne famille et de la convenable épouse bourgeoise, façades qui ne conviennent pas à sa petite musique intérieure et qui font exploser sa tristesse en folie.
Elle est seule sur scène. A droite, un violoncelliste sinistre, tour à tour accusateur, juge, mauvaise conscience. Elle doit se défendre. Ne sait-elle vraiment rien de ce qui est arrivé au Cher Disparu ? Mais ça, on ne l’apprend pas tout de suite. On voit d’abord cette femme fantasque, qui s’invente des personnages et des vies, secondée, à gauche, par deux jeunes violoncellistes que le programme présente comme ses anges, des anges bien malicieux.
La Dame est compositrice et chef d’une musique de bribes, joyeuse, mélancolique, sensuelle, inquiétante parfois. Cette musique est impuissante pourtant : à la sauver, à ramener le Cher Disparu, à la protéger des juges. Mais existe-t-elle seulement, cette musique ? Ne somme-nous pas dans l’esprit de cette femme, le violoncelle n’est-il que le doux nom qu’elle donne à sa face noire ? La Dame m’a beaucoup fait penser à Nora, de la Maison de Poupée d’Ibsen, sauf que Nora se sauve et que la Dame ne sait comment se défaire des apparences et des convenances d’un certain monde.
J’ai beaucoup aimé cette pièce, pour le personnage de la Dame avant tout, mais aussi pour ce qu’elle dit de la solitude, des duperies sociales et de ce qu’on leur sacrifie, de la difficulté d’être soi. L’utilisation des violoncelles est vraiment bonne, tant dans les musiques choisies que dans leurs interventions. Les musiciens ne se contentent pas de jouer leur partition, ils deviennent de véritables personnages de la pièce, présents, répondant à la Dame. L’actrice, Amélie Racoua, est pleine d’énergie et de talent, même si parfois elle bafouillait un peu. Mais comme j’y étais pour la première, c’était plus touchant qu’agaçant. J’aurais toutefois sans doute aimé des colères un peu moins criantes, peut-être quelques nuances supplémentaires entre les moments doux et les moments agités. Et j’ai trouvé la fin peut-être un peu trop longue. Mais jamais la pièce ne perd en intensité.
La mise en scène m’a vraiment plu par l’utilisation des violoncelles, de l’espace (la scène est toue petite), le jeu des costumes de la Dame. Par contre je suis moins convaincue de l’utilité de la vidéo. L’écran était placé sur le côté, donc quand on le regardait on ne voyait plus ce qui se passait sur scène. Par moments des plans y apparaissaient à la manière de flash, dont je n’ai pas compris ce qu’ils voulaient dire. On ne comprend qu’à la fin le pourquoi du comment. On voit alors plus l’intérêt de la vidéo, qui permet de montrer des fragments d’une autre Dame, d’une autre réalité, la réalité ? Ça ajoute alors en effet quelque chose à la complexité de la pièce, mais je ne trouve quand même pas le dispositif très adapté. Ce que je dis n’est sans doute pas très clair, mais je ne veux pas trop en dévoiler !
Malgré ces petites critiques, j’ai passé un excellent moment, et je vous invite à rendre vous aussi visite à la Dame !
La Dame au violoncelle, Guy Foissy
avec Amélie Racoua, Olivier de Montès, Julien Hervé, Octavio Angarita
mise en scène : Laurianne Martini
création musicale : Olivier de Montès
Théâtre des Déchargeurs, du mardi au samedi à 20h, jusqu’au 12 juillet (environ 1h15)
17 juin 2008
Je manque à tous mes devoirs... Voilà une semaine que j'ai reçu ce kiki-page de la part de Mr Kiki, qui s'est changé en mécène, et je ne l'ai même pas montré!
Non seulement il est très beau et je peux me pavaner avec dans le métro sans que personne d'autre ne l'ait, mais en plus j'aime beaucoup ce pied-de-nez à la société actuelle du rendement et du gain...
Merci Mr Kiki!
Itinéraire d’enfance
Si je n’avais pas acheté ce livre bien avant de lire Terre des oublis, je ne l’aurais sans doute pas fait. Ni même lu.
Et pourtant l’histoire de Bê, écolière modèle d’un village vietnamien, est charmante. Bê, la fille de maîtresse Hanh, vit dans l’insouciance entre l’école qu’elle adore, les jeux près de la rivière et son amie Loan-Graine-de-Jaquier avec qui elle partage un trésor, bien cachée sur la petite île. Le chantier, la maladie du petit Ly, la disparition de Dung-le-Maigrichon, le prochain mariage de Luu, la mère de Loan, avec le chef Cau, voilà les événements du village.
Mais la cruauté d’un nouveau professeur et les avances qu’il fait à une élève lui sont insupportable, et elle joue donc un tour pendable à maître Gia. Elle se retrouve exclue de l’école, définitivement ; pire, personne ne croit ce qu’elle dit de maître Gia. La honte, pour elle et pour sa mère, et la colère la poussent à partir rejoindre son père, en garnison dans le Nord, avec Loan. Le voyage est plus long que prévu, entre mauvaises rencontres et belles amitiés nouvelles.
Cet Itinéraire d’enfance est autant l’itinéraire de Rêu à Khâu Phai, avec des haltes en ville ou dans les villages de montagne, que le cheminement de Bê vers l’âge adulte. Ces quelques mois construisent l’adulte qui parle à la fin du livre et évoque le destin des personnages rencontrés. Un roman d’apprentissage, donc, et aussi d’aventures, d’amitié. L’auteur avoue une grande part d’autobiographie dans ce récit, c’est peut-être pour cela qu’il sonne si clair et si naturel. J’ai trouvé que Duong Thu Huong évitait les deux écueils principaux : on a vraiment l’impression que c’est une enfant qui parle, ce n’est pas affecté, et pourtant ce n’est jamais cucul. Elle évoque avec sensibilité le Vietnam ordinaire, par la cuisine, les paysages, les menus travaux et les rapports de hiérarchie et de respect. Seules les dernières péripéties de Bê avant de retrouver son père sont un peu too much : le livre a dressé le portrait de cette écolière douée et généreuse, courageuse, il me semble inutile et surjoué d’en faire encore une infirmière dévouée et intrépide. A part ce petit bémol, me voilà réconciliée avec Duong Thu Huong. Sans pour autant peut-être me précipitée sur le prochain…
Un roman qu’on peut aussi faire lire à un ado et, pour autant que je puisse en juger, à un jeune lecteur motivé.
Les avis d'Amanda, de Florinette, qui ont aimé aussi, et de Laëtitia, un peu déçue.
Le vagabond
Leïla Sebbar
Un homme surgit dans un village. Il ressemble un peu aux hommes de ce village, mais pas totalement. Il est un peu étranger aux yeux des habitants du village, qui pourtant le reconnaissent tout de suite. Il vient de loin. Il est né parce que la France a des colonies vastes et lointaines, qui parfois se rencontrent, et se quittent bientôt.
Sa présence ne plaît pas.
Voilà une très courte nouvelle dont j’ai aimé l’histoire et l’écriture, sauf le dernier paragraphe qui m’a déçue, m’a paru un peu expéditif, comme si ayant convoqué ces hommes et cette histoire, l’auteur ne savait plus très bien qu’en faire.
Mais ce Vagabond m’a donné envie d’aller lire d’un peu plus près Leïla Sebbar, et me donne ici l’occasion de redire tout le bien que je pense des éditions Bleu autour qui publient ainsi des textes brefs et originaux.
J'ai mis Leïla Sebbar en littérature française, mais son père est Algérien et elle-même a vécu en Algérie jusqu'en 1961. A lire ce texte et les titres de ses autres livres, cet élément-là est important.
16 juin 2008
Intimité
A la demande d'Erzébeth, je lève ici le voile sur ma vie de lectrice...
Où et quand ?
Avant tout dans le métro, le matin ou le soir. Lire dans le bus ou en voiture me rend malade, mais le métro, le RER ou le train sont pour moi des oasis de lectures. Je peux rester sur le quai à finir mon paragraphe, ou le continuer en marchant vers les escaliers. Je lis aussi parfois le midi, mais je trouve ça moins pratique : il me manque une main pour tourner les pages. Je me rabats en général sur la presse, ou sur l’observation de mon prochain, l’un de mes sports favoris. Je lis aussi dans mon bain, parfois – mais c’est risqué. Le soir dans mon lit, mais peu ces derniers temps. A n’importe quel moment, dès que j’ai cinq minutes ; j’ai laissé brûler le dîner plus souvent qu’à mon tour… Je m’installe généralement dans la position la plus inconfortable possible. Vieille survivance de mes ancêtres bretons pour qui le plaisir ne pouvait aller sans péché, ni contrition, ni pénitence ? Par contre je pense à allumer la lumière, j’ai encore la voix de ma maman en tête, « tu abîmes tes yeux, voyons ! » Il faut dire que j’ai été livrée avec un modèle déplorable…
Comment je choisis mes lectures ?
J’ai souvent envie de relire un auteur que j’ai aimé, mais ça peut prendre du temps. J’aime lire les classiques et découvrir le monde par sa littérature, ça me guide aussi dans mes choix. Je ne lis pas de magasines littéraires, mais Courrier International et, parfois, la radio, me donnent des pistes. Evidemment, depuis que je fréquente les blogs je note encore plus de titres, mais comme je ne consulte pas ma LAL au moment d’acheter les livres… Une belle couverture, un beau titre peuvent suffire. En général, je pense longtemps à un auteur ou un livre, et puis d’un coup, sans que je sache pourquoi, je décide de le lire. Je rencontre aussi beaucoup de livres grâce à Etonnants voyageurs. Les conseils et cadeaux d’amis jouent aussi leur rôle, j’ai la chance d’avoir plein d’amis grands lecteurs. Je suis assez impulsive, en somme.
Quels styles de lecture ?
A peu près tout, mais pas de science-fiction, très très peu de fantasy, plus de thrillers. Peu de littérature française contemporaine, sans doute parce que je préfère voyager ailleurs par mes lectures. J’ai rarement lu LE livre dont tout le monde aprle, par snobisme un peu et puis parce que je passe souvent à côté des nouveautés de la rentrée littéraire : ça ne m’intéresse pas, il y a trop de choses, ça m’écoeure.
Pour simplifier, je dirais que je lis des classiques et de la littérature étrangère. Mais ce ne sont que les deux grandes tendances, je lis aussi énormément de policiers, des BD, des récits de voyages…
Ce que j’attends de mes lectures ?
Ben, du plaisir, pardi ! Que le livre me prenne, m’emporte, me fasse oublier ma station de métro, me tienne éveillée envers et contre tout jusqu’à très tard. J’aime découvrir d’autres cultures, d’autres façons de penser et de voir le monde. Je suis assez exigeante au niveau du style : un livre mal écrit me tombe des mains ; en revanche la plus improbable histoire me conquiert si elle a du style. J’aime être admirative, frétiller dans ma lecture en poussant de des cris d’extase à chaque pages, parce que le style, la construction, les personnages !!! Je suis autant une lectrice intellectuelle que rêveuse et sensorielle, je crois.
Mes petites manies
Je ne suis pas spécialement soigneuse avec mes livres, je corne les pages quand une phrase ou un passage me marquent, je les lis parfois en mangeant, souvent en grignotant, ils trainent par terre, ils tombent, les reliures, surtout des poches, sont explosées… Je fais plus attention aux « beaux livres », mais même eux sont parfois bousculés. Je n’ai pas énormément de respect pour l’objet livre, même si j’adore les livres anciens. Pour moi un livre n’est pas un bibelot ou une pièce de musée, c’est un compagnon qui vit. Par contre, si je prête un livre, je déteste qu’on me le rende franchement abîmé, noyé dans l’eau ou largement taché d’encre…
J’ai un net sentiment de propriété : mon livre s’appelle « reviens ». Je note systématiquement mon nom, la date et le lieu d’achat, avec un petit triskel, dès mon retour de la librairie. Ce qui est parfois gênant quand je ne veux finalement pas garder le livre (ce qui est rare…)
J’écris parfois dans mes livres, ou je souligne, avec ce qui me tombe sous la main en général, même si j’ai une préférence pour le crayon de papier. En revanche, et sous aucun prétexte, on ne stabilote jamais un livre ! Prétexte le plus fréquent pour préférer le neuf à l’occasion au cours de mes études…
Beaucoup de blogueurs ont déjà répondu, il me semble. Prend qui veut!
15 juin 2008
L’Iliade
Homère, v. 850-750 BC
Une Curieuse a été quelque peu violentée pour l’écriture de ce billet. Nous rassurons les amis des Curieux : elle va mieux grâce au Ciel, et au rôti de porc.
Vous êtes tranquillement assise devant votre ordinateur à regarder un bon vieux navet en DVD pour vous détendre après une dure journée de labeur. Il ne fait pas trop chaud, il y a du chocolat, vous êtes bien.
Soudain, un léger bruit. Hum ?
Encore.
Encore.
Oui, ça vient de par là, on dirait un frottement, un frottement qui vous rappelle de bien mauvais… Arg ! Vous l’avez vue. Elle est énorme. Sur le coup vous ne réalisez pas bien ce que c’est, juste que c’est de la nourriture à baygon vert, et que justement, vous n’en avez pas. Du baygon vert.
Vous allez chercher une arme qui vous semble adéquate : votre so glamour chaussure compensée rose. La gauche.
Bam. Bam. Bam. On se croirait au théâtre, mais rien ne se passe. Ou plutôt, c’est la débandade. C’est que ça courre vite, ces bêtes-là. Et ça possède une surprenante habileté à se coller à la plinthe, là où la chaussure se révèle diablement inefficace. Ah, mais l’ennemi a battu en retraite. Où ? fouille méthodique, mais prudente. Aaah la fourbe! Elle s’est glissée dans vos bulletins de salaire ! Vous vous éloignez prudemment pour envisager un changement de stratégie.
Vous auriez bien appelé votre papa, mais là, il est tard. Il ne va pas être content, vous le pressentez, comme vous pressentez bien que par téléphone, il ne pourra pas poursuivre la bête.
Vous décidez donc de passer à la vitesse supérieure et allez quérir votre arme fatale, que dis-je, vos armes fatales. Pschitt-pschitt désinfectant sans javel, balai armé de sa serpillière, sopalin. On ne parle jamais assez des vertus guerrières du sopalin.
Mais, elle s’est encore cachée ? Vous déplacez quelques objets, contournez quelques cartons emplis de livres attendant encore leur bibliothèque (a-t-on idée, aussi, d’habiter un endroit ne correspondant pas aux standards ikéa ? je vous le demande). Rien. Vous commencez à vous demander si vous ne souffririez pas d’hallucinations. Pourtant, elle avait l’air si réel… Mais ce chocolat au riz soufflé, est-il si innocent qu’il en a l’air ?
Ah, de nouveau ce bruit ! Par là ! Mais, où ? Vous ne voyez rien. Vous l’entendez seulement ; c’est pire. Ah ! Là, vous la voyez ! Entre deux dictionnaires. Ah ! Vous déconstruisez la pile de livres en prenant garde à ne pas les faire tomber sur le sol. Non pour ne pas les abîmer, mais pour éviter que vos voisins, après les bam de toute à l’heure, ne décident d’appeler la police. Encore que… Quelques gendarmes nocturnes pourraient sans doute vous être utiles.
Elle s’agrippe. Elle a osé se réfugier entre Yoko Ogawa et votre manga, elle est dans VOS livres ! Vous tentez de secouer NonNonBâ – pas trop fort, des fois que la bête saute sur vous. Vous poussez de mignons petits cris propres à l’effrayer et à vous rassurer : si vous criez, c’est que vous êtes toujours en vie. Vous réalisez alors cette chose horrible : la bête vient d’escalader une pile de trois cartons et deux dictionnaires : elle grimpe. Vous pouvez renoncer à la possibilité de monter sur une chaise pour vous protéger. Vous n’êtes même pas en sécurité dans votre lit. Vous n’avez plus le choix : il vous faut triompher – ou mourir.
C’est à ce moment que vous songez qu’un homme à la maison est indéniablement un plus. Et dire qu’il n’existe pas de dépanneur spécialisé dans ce service ! Vous pensez immédiatement, avec l’esprit d’entreprise rationnel qui vous caractérise, qu’une agence proposant des hommes à la location ferait immanquablement fortune. Besoin de planter un clou ? Une fuite sous l’évier ? Une blatte entre vos cartons ? SOS hommes est là pour vous.
Vous vous dîtes que ce n’est vraiment pas le moment : le temps de monter le dossier pour convaincre la banque, l’ennemi aura eu le temps de se glisser dans une position inexpugnable. Vous repoussez vos projets de fortune au lendemain – où, hélas, votre esprit d’entreprise ne sera plus stimulé par l’urgence et se sera dissous dans votre paresse, et où SOS hommes échouera à vaincre un féminisme hérité de générations de femmes bien obligées de se débrouiller sans homme.
Elle refuse de lâcher le livre. Aurait-elle des ventouses aux pattes ? Tans pis pour les voisins, vous balancez tout. Elle est toujours vivante, mais coincée sous le livre par une patte, ou deux ? Vous ne prenez pas le temps de vérifier. Poussant un banzaï explosif quoi que tout intérieur – car vous n’oubliez pas complètement vos voisins – vous pulvérisez votre désinfectant sans javel en même temps que vous ôtez le livre. Quelques pschitt suffisent à rendre la bête moins vive. Ah ah, on fait moins la fière à galoper sur les plinthes maintenant, hein ! Vous l’écrasez avec force et à plusieurs reprises avec votre balai serpillère, le plus loin possible de vos mains. Vous ajoutez ensuite une bonne épaisseur de sopalin et repressez courageusement le tout.
Victoire.
Vous pouvez balancer le sopalin et son contenu à la poubelle avec force grimaces, fermer ladite poubelle et envisager sérieusement de la descendre là, maintenant, tout de suite. En même temps, dans votre nuisette, est-ce bien raisonnable ? Fière de votre victoire, vous décidez de vous montrer magnanime avec le corps et de le conserver jusqu’au matin.
Vous passez de l’eau de javel en abondance sur le lieu du duel, tant pis pour le parquet. En effet, vous avez impardonnablement omis de vérifier avant l’écrasement si c’était une femelle ou un mâle, et maintenant c’est trop tard. Il s’agit d’éliminer toute possibilité de bébés ennemis.
Vous pouvez dormir tranquille – ou presque. Vous laissez préventivement votre lampe tempête allumée à l’entrée de votre chambre, bêtement démunie de porte. Les blattes ne sont-elles pas réputées photophobes ? Vous êtes tout de même un peu affolée à l’idée d’avoir une colonie de la sorte en colocation. Heureusement, vous vous souvenez posséder de l’acide borique pour des raisons inavouables, et avoir lu que ledit acide pouvait décimer les blattes. Mais demain est un autre jour, et il vous faut reprendre des forces avant cette lutte inégale.
Vous sombrez vite dans le sommeil, épuisée par ce combat sans merci. Vous rêvez d’une invasion ennemie. D’ailleurs, vos parents sont venus en renfort. Votre mère vous avoue même que vous avez, dans un coin, toute une colonie de léprécats*. Léprécats ? Oui ce sont des petits vers, mais ne t’inquiète pas ma chérie, ce n’est rien, j’en ai moi-même tout plein à l’école. gné ??
Peut-être le chocolat au riz soufflé le soir n’est-il pas totalement inoffensif.
*Oui ça s’écrit comme ça, je l’ai lu dans mon rêve. Et les rêves ne mentent jamais, c’est bien connu.
11 juin 2008
Stroumph grognon
Il fait chaud. Oui, la semaine dernière je me serais plainte de la pluie, mais là il fait chaud. Tellement chaud qu’il est impossible de lire quoi que ce soit d’un peu exigeant dans le métro ; d’ailleurs, il est impossible de faire autre chose que somnoler dans le métro. Il n’est pas midi que je n’ai qu’une envie, rentrer chez moi, me laver, et me mettre à lire à l’ombre d’un jardin ou à conter fleurette dans un parc.
Je n’aime pas l’été. Plutôt, je n’aime l’été qu’en bord de mer (et encore, pas n’importe laquelle) ou à Berlin. J’aimerais sans doute aussi la campagne scandinave…
Les seuls moments agréables sont le matin – trop tôt pour moi – et le soir – quand mes voisins se mettent au foot. Je n’ai pas encore bien compris qui ils supportent, mais ils ont visiblement décidé de regarder tous les matchs.
Je n’aime pas l’été, surtout quand il fait chaud, que je suis à Paris et qu’il y a trop de sport de prévu.
Alors aujourd’hui j’ai peu travaillé et suis allée dans ce lieu parisien où on peut profiter de la plus délicieuse fraicheur sans aucunement participer au réchauffement climatique et à la folie pétrolifère : le musée de Cluny.
On peut y admirer en ce moment une exposition qui, comme toutes celles du musée, a le bon goût d’être brève : on a plaisir à tout lire et à tout regarder en détail, on se régale sans être assommé de culture. Et puis il faut en profiter, le musée est gratuit jusqu’au 30 juin.
Cette fois-ci, on peut admirer de belles céramiques à décors peints et rehaussés de reflets métalliques. Elles viennent d’Egypte, d’Irak, d’Iran, du Maghreb ou d’Espagne, immenses cruches, décors muraux ou plats de toutes tailles et toutes couleurs. J’ai été ébahi par la joliesse des pièces mais surtout, comme souvent, par la précision techniques des décors, nets et fins. C’est aussi très émouvant de contempler des pièces de mille ans dont la restauration vous laisse croire qu’elles ont traversé les siècles sans outrage. Parfois, c’est de la chance, comme pour une charmante coupelle décorée d’ocre, vestige de la collection privée de Louis XVI. (jusqu’au 1er septembre)
Et puis ensuite, se balader au hasard des salles, présenter ses respects à la Dame à la Licorne et se demander encore un peu ce qu’elle signifie – Tracy Chevalier, après s’être attaquée à Vermeer, a raconté son histoire de la tapisserie, c’est charmant – et puis surtout, surtout, vouloir s’installer tranquillement dans le Frigidarium ; lire ici quelques pages. Car le musée est sis dans d’anciens termes et, magie de l’architecture, on peut profiter encore de la salle froide. Se heurter au panneau annonçant la fermeture provisoire pour travaux de rénovation.
Avant d’aller dans les jardins, selon l’humeur se prendre pour une moniale au milieu de ses simples ou pour une belle dame dans le jardin courtois, oublier les voitures et lire entre les oiseaux, les odeurs, et quelques rires d’enfants.
Autre solution pour se rafraichir, et pardonnez-moi d’en parler si tard : la saison finlandaise en France. N’ayant pas entièrement repensé ma décoration intérieure à base de post-it « 100% Finlande », j’ai manqué les manifestations livresques (il est vrai peu nombreuses), mais il reste de la musique, du cinéma, du design, de la danse ; et c’est partout en France.




