Vilain défaut

le blog curieux d'une rêveuse-voyageuse...

29 septembre 2008

Guy Môquet au Fouquet’s

Pierre-Louis Basse, 2007

A l’heure où j’écris ce billet, je suis encore toute traumatisée par mon passage chez Gibert. Car depuis la dernière fois, je ne sais quel mauvais génie a chamboulé de fond en comble l’organisation du magasin, désorientant la pauvre lectrice que je suis et la plongeant dans des abymes de perplexité. Songez plutôt : les poches « histoire » sont désormais rangés en dépit du bon sens et sans aucune unité, on ne retrouve absolument plus rien dans le rayon, et la peste soit des tables « nouveautés » qui sont dans un endroit impossible. Les poches « policier » ne se trouvent pas avec la littérature générale, où l’on trouve pourtant quantité de poches en tous genres, mais tout au fond du sous-sol, exilés avec les livres pour enfants en compagnie des poches « science-fiction », ce qui révèle une hiérarchie littéraire des plus déplorables. Marc Lévy vous tend les bras au sortir des escalators vous menant à la Pléiade, mais Vargas ou Gaiman sont dans l’obscurité de ce qui semble bien être le rayon des « petits » lecteurs. Et le pire du pire, le rayon histoire, qui est le seul me poussant à franchir les portes de Gibert, est maintenant au troisième étage, ce qui me force à endurer des présentoirs dégorgeant de « Petite bibliothèque Payot » et autres merveilles avant d’y accéder. Mais je suis bien décidée à être forte – ce qui est, il faut l’avouer, grandement facilité par la rentrée littéraire qui occupe presque tout le terrain et ne m’intéresse absolument pas.

guyA la place, je lis des vieilleries : rendez-vous compte, plus d’un an qu’a paru ce très court texte de Pierre-Louis Basse, découvert grâce l’un des lecteurs croisés par Magda. Et, hélas, fort décevant. Je m’attendais à quelque chose de mordant, de méchant, de mauvaise foi peut-être même, pourquoi pas une petite analyse sur la récupération de l’Histoire par Nicolas Sarkozy, une réflexion sur le brouillage des appartenances, des identités et des mémoires, à tout le moins une diatribe contre l’indécence de certains quand d’autres sont si obscurs, si pauvres, et si désespérés. Mais non : l’auteur, au demeurant fort bien renseigné, retrace son parcours sur les traces de Guy Môquet, et rend hommage à ces jeunes, très jeunes, à ces anonymes si nombreux derrière la poignée de noms illustres, à ceux qui se sont engagés quand on est aujourd’hui seulement séduit et intéressé. Je n’aurai pas attribué au texte le qualificatif de « pamphlet » qui figure sur la couverture ; je l’ai trouvé trop sobre, trop doux et mesuré. « Essai » m’eût paru plus juste. C’est ce qui explique en partie ma déception : point de violence ni de fougue mais la déception et l’amertume – et, pour tout dire, un texte sympathique mais un peu falot.

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Swap around your world

HPIM1142
(Notez, s'il-vous plaît, la sublime carte rose rétro-kitsch: j'adore!)

Quoi de mieux pour attaquer la rentrée qu’un colis venu du bout du monde, ou presque ?
Merci donc à Virginie et Celsmoon d’avoir lancé ce swap multi-kulti, comme on dit en allemand ; comprendre de partout dans le monde, dans toutes les langues, sous toutes les influences…

Comme ce colis que m’a envoyé Celsmoon, qui a bien cerné mes goûts, et je l’en remercie !

HPIM1143

-Der Steppenwolf, de Hermann Hesse, comme de par hasard après que Magda et Agnès me l’aient remis en tête, et en allemand, voilà qui me promet de rudes et beaux moments de lecture !
-The curious incident of the dog in the night-time, de Mark Haddon, qui fait parti de mon défi Au nom de la Rose, et sera lu très bientôt.
-un enregistrement des Noces de Figaro, qui me rappellera ce temps béni de la découverte de l’opéra à Berlin, pour trois francs six sous et en bonne compagnie…
-de forts jolis signets, dont l’un qui reprend un dessin de Carl Spitzweg qui figure sur l’un de mes carnets, et qui constitue, à mon avis, une fort bonne caricature de moi-même, et un avertissement quand à ce que je pourrai devenir… Perdue au milieu d’une bibliothèque un peu poussiéreuse, hors du temps et du monde, hagarde dès qu’on me tire de mon ouvrage ; car en plus d’être une LCA, je travaille au milieu des vieux papiers !
-un calendrier composé de signets à effeuiller, sur les femmes qui lisent, pour rythmer mon année 2009 !

Merci infiniment Celsmoon !

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26 septembre 2008

« J’envoyai aussitôt un message à Emerson, quoique je n’imaginasse pas un instant qu’il se laisserait distraire de son travail

Un crocodile sur un banc de sable et La malédiction des Pharaons

Elizabeth Peters, 1975 et 1981

Le moment est venu, je crois, de faire un aveu. Quand j’étais petite, j’étais très amoureuse du capitaine Blake. Son côté un peu suranné d’homme d’honneur anglais, sa mâchoire carrée, sa moustache… Mais je m’égare, et cela m’a passé, d’ailleurs. Aujourd’hui, je reste insensible, la faute sans doute à cette perfection boy-scout.

Mais j’en ai retrouvé des éclats chez Radcliffe Emerson – que nous appellerons dorénavant, si vous le voulez bien, par son simple nom de famille, il déteste son prénom et on le comprend. Un homme brun, au beau visage un peu rude, en pantalon colonial et à la chemise ouverte sur un torse velu, les manche retroussées, les bras sur les hanches, plein de sueur et de soleil, après un dur labeur et une non moins dure réussite. Un Anglais, un vrai, un dur de dur, acariâtre et courageux, pur XIXe, plein d’honneur et de fureur. Ah, Emerson…

Lors du swap Eternel féminin organisé par Anjelica, Yueyin a eu la délicieuse idée, que dis-je, la divine idée, de m’envoyer la première aventure d’Amelia Peabody. Je la soupçonne certes d’avoir ainsi, sciemment, fait une Ameliodépendante de plus, mais passons, car voilà une dépendance fort agréable, pour ne pas dire plus.

crocoAmelia est une vieille fille. Non qu’elle soit très âgée, mais enfin, elle a dépassé cet âge auquel une jeune fille comme il faut se trouve pourvue d’une demi-douzaine de morveux – légitimes, les morveux. Elle est en revanche pourvue d’une demi-douzaine de frères, eux-mêmes dûment équipés d’épouses et enfants, et de quelques prétendants ; tout ce petit monde se montrant subitement intéressée par la demoiselle lorsqu’elle hérite de son père.
Mais Amelia est loin d’être sotte, et après s’être amusée un peu elle part pour l’Egypte, armée d’une femme de chambre, d’une trousse de premiers secours, de vêtements conçus par l’Association pour l’habillement rationnel, de son ombrelle et d’une dame de compagnie, qui a toutefois la déplorable idée de tomber malade à Rome. Contrariant.

Heureusement pour Amelia, là où elle passe, le calme trépasse et l’aventure surgit, lui faisant rencontrer la jolie Evelyn, demoiselle en détresse avec qui elle sympathise et qu’elle embarque pour Alexandrie. Là, elles font la connaissance du charmant et timide Walter Emerson et de son frère, Radcliffe, sur lequel je ne me suis déjà que trop étendue.

Ah, Emerson…

« Sur le plan professionnel, Emerson est le plus grand archéologue de ce siècle, voire de tous les temps. C’est seulement dans les aspects quotidiens de la vie qu’il manifeste un degré normal d’incompétence masculine. »
(p. 185)

Inutile de tout raconter. Sachez seulement qu’Amelia, qui se flatte à raison (ou presque) de ne jamais perdre sang-froid ni esprit pratique, se retrouve à jouer les garde-malade pour un homme qu’elle déteste, qu’un jeune couple a du mal à se trouver, qu’un chasseur de dot montre son joli minois, qu’une momie déguenillée sort de sa tombe et s’attaque aux amis d’Amelia (la malheureuse ! – je parle de la momie), et que si on ne trouve pas ici le trésor de Toutankhamon, on préserve les fresques en étalant du tapioca au doigt. La merveilleuse Amelia, toujours armée de son efficace ombrelle, m’a fait pensée à une de mes arrière-arrière-grand-mères, que je n’ai hélas pas connue, et qui, ayant atteint un âge canonique, poursuivait ses arrière-petits-enfants à coups de canne. Vous comprenez que ce haut-fait familial n’a fait qu’accroître ma sympathie pour Amelia, laquelle se désole seulement de ne pas avoir eu à pratiquer d’amputation. Mais elle n’est pas cruelle : au besoin, elle l’eût fait sur elle-même.

« -Il commence à reprendre conscience. C’est un miracle, madame. Ah, les vertus de la prière !
Ah, les vertus du bouillon de poulet ! pensai-je à part moi. Mais je me gardai d’exprimer cette opinion à haute voix ; autant laisser la brave femme à ses douces illusions.
Arthur était terriblement amaigri – même le bouillon de poulet a ses limites – mais, en l’espace de vingt-quatre heures, son état s’était amélioré de façon stupéfiante
. »
(p. 337)

mal_dictionJ’ai tenu trois semaines avant de me ruer sur le deuxième volume telle la vérole sur le clergé bas-breton*. Et encore, c’est parce que j’étais en vacances… Deuxième tome tout aussi merveilleux que le premier, avec en toile de fond une enquête policière qui n’a que peu d’importance et sert surtout à fournir à Amelia l’occasion d’exercer ses talents et ses réparties ; une bonne dose d’Egypte ancienne, de bonne société et de jolies robes, façon Mort sur le Nil mais vingt ans avant, de beaux garçons – malheureusement les meilleurs spécimens sont mariés ou se marient, je trouve décidément bien contrariants ces livres qui laissent si peu d’espoirs à la lectrice – des personnages plus qu’attachants, une plume vive, et de l’humour !!! J’ai ris souvent, très souvent même, et je ne suis pourtant pas bon public. Amelia et Emerson sont des Anglais parfaits, persuadés d’être les plus qualifiés pour diriger le monde, à tous le moins celui de l’archéologie, et ils ont une manière de le diriger, en oubliant opportunément les sentiments contraires au bon déblayage d’une tombe, qui est fort réjouissante pour le lecteur.

« Honnêtement, j’aime bien mon fils. Sans aller jusqu’à lui témoigner la sotte admiration que lui voue son père, je puis dire que j’ai une certaine affection pour ce petit. Néanmoins, en cet instant, je fus tentée de saisir au collet le petit monstre et de le secouer jusqu’à ce que son teint vire au violacé. »
(p. 21)

La vie de couple vue par Amelia est absolument divine. (Mon tempérament ne survivrait pas sans doute à une passion telle que la sienne, mais à ce détail près je veux la même vie conjugale.) La mauvaise foi, les colères et le cabotinage des héros sont parfaits. Les seconds rôles bien croqués. J’arrête là, sinon à force de superlatifs je vais vous écœurer. Mais j’ai trouvé là, et bien plus sûrement qu’avec Anne Perry (Anne qui ?) mes livres doudous : couleur locale subtile, humour, eau de rose (bien raide) et belle écriture, que demande le peuple ?

Merci Yueyin, je suis conquise, tu l’auras compris !

*Combien de temps vais-je tenir avant le tome 3 ? Les paris sont ouverts.

Toutes les citations viennent du deuxième épisode.

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25 septembre 2008

Pig Island

Mo Hayder, 2006

pigUn thriller, c’est censé vous prendre aux tripes, vous faire peur, peut-être même cauchemarder, vous faire haleter, vous faire sauter des pages tellement vous avez hâte de savoir, de comprendre, qui, quoi, comment, pourquoi ?

C’est censé être palpitant à vous faire oublier tout le reste, à vous faire oublier votre thé, votre gâteau au chocolat – encore que celui qui réussira ce tour de force avec moi sera un être surnaturel – vous faire sursauter au moindre bruit quand au cœur de la nuit vous le finissez frénétiquement et frémissante.

C’est probablement le cas avec tout un tas de lecteurs, mais je dois avouer que ça n’a pas marché sur moi. Non que je sois insensible à la peur ou à l’horreur, mais en fait enlisant Mo Hayder j’ai compris pourquoi je n’avais plus jamais lu Jean-Christophe Granger après trois romans : trop, c’est trop. Qu’on me mette un peu d’horreur, ou qu’on me la présente avec pudeur, ou sur des bases historiques, même seulement vraisemblables, et je plonge – De Niro’s game m’a méchamment remuée. Mais qu’on amoncelle toutes sortes de détails plus cradingues que les autres, et je suis juste écœurée.

Et puis alors, l’intérêt policier de l’histoire… m’est passé largement au-dessus de la tête. Pour tout dire, je l’ai refermé longtemps, tant j’étais ennuyée ; mais je l’ai repris, parce que c’est un cadeau et que je voulais pouvoir affirmer à la personne qui me l’avait offert que j’avais fini. Même pas mal : c’est finalement très artificiel, cet apocalypse crado-beurk.

L’histoire est à base de gourou sectaire et délirant, de produits chimiques accumulés hors de tout contrôle, de journaliste aux dents longues et à la revanche familiale, de vengeance et de manipulation. Mais moi, tout ce qui m’intéressait c’était la relation entre le héros et sa femme, ce couple qui bat de l’aile. L’attirance étrange et malsaine pour une jeune fille fascinante. La jeune fille elle-même, qui aurait pu être tellement mieux développée ! Oui, mais on serait sorti du thriller, on aurait même pu rejoindre le roman psychologique, l’histoire d’amour, et de cela, il n’était point question. Ne jamais oublier de fournir au lecteur sa dose d’indices et de sang. Si on ajoute à cela une écriture qui, pour n’être pas mauvaise, est tout de même diablement neutre, on comprendra aisément que je sois passée totalement à côté de ce livre.

Choupynette non plus n'a pas accroché...

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24 septembre 2008

Bon appêtit, bien sûr

Où La Curieuse expérimente à ses dépens et en appelle à vos bonnes volontés

Hier soir, je me suis fait des nems. Oui, j’ai parfois de folles envies d’ailleurs et d’exotisme qui m’assaillent, comme ça. En même temps, je dis des nems, mais c’était tout bêtement une manière plus rigolote de liquider les fonds de placards : deux tranches de jambon qui suppliaient qu’on les mangeât, un peu de haricots mungo, le tout dans du papier de riz, et hop, avec plein d’épices qui proclament qu’on a invité l’Asie dans son assiette, emballé c’est pesé. Sur ma lancée, et comme j’avais peur d’avoir encore faim, j’ai décidé de faire aussi des nems sucrés. Ça tombait bien, j’avais des bananes, une banane épouse bien la forme d’un nem, non ? Avec plein de cannelle, ça sera très bon.

J’avais juste oublié un détail : dans ma poêle, c’était de l’huile d’olive.

Banane-cannelle-olive, on dira ce qu’on voudra, mais c’est tout de même un peu particulier.

NDLC : Nous rappelons à nos aimables lecteurs que le cuisinier qui part bloguer s’expose à des désagréments allant du repas cramé à la cuisine enfumée. Et comme j’ai une imagination fertile, je vois déjà mon appartement incendié la prochaine fois. La prochaine fois, donc, j’installe l’ordi dans la cuisine. A ce propos, est lancée une grande collecte de recettes de feignasses qui n’empêchent pas de bloguer pendant trop longtemps (idéalement, 5-7 minutes). Si vous en avez, ou si vous souhaitez participer à cette œuvre d’intérêt public, c’est là : ffb@gmail.com.

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22 septembre 2008

De Niro’s game

Rawi Hage, 2006 (2008)

rawiLes éditions Denoël et Chez les filles ont eu l’idée de m’envoyer ce livre et c’est une très bonne chose : mon ego en a été flatté au-delà du descriptible et cela m’a permis de lire un roman que je n’aurais probablement jamais remarqué sinon. Je suis en effet très peu sensible à l’actualité littéraire, et ai accessoirement une pile bien trop haute à lire à la maison. Certes, à côté de LCA bien entraînées, je fais figure de chochotte à m’alarmer pour même pas une demi-centaine de titres en attente, mais ça m’oppresse un peu tout de même…

Nous sommes au Liban, c’est la guerre entre les chrétiens et les musulmans, et plus de dix mille bombes sont déjà tombées sur Beyrouth. Bassam travaille au port, quand il y a du travail. Il vit avec sa mère mais rêve de Rome, et parfois aussi de la jolie Rana. Son meilleur ami, Georges, travaille dans un casino de la milice, et on ne sait pas trop à quoi il rêve, sauf peut-être à ces jolies filles riches rencontrées un soir de fête avec Georges. Entre combines, sorties en moto et cigarettes, ils font comme si la guerre n’était pas là, comme si les bombes ne tombaient pas, comme si la mère, la tante, la voisine ne devenaient pas hystériques à la moindre sirène, à la moindre panne d’eau. Mais la guerre en toujours là, qui engloutit les amis et les proches, sous les dix mille bombes ou dans les phalanges. Georges est de ceux-là : il s’engage un beau jour et remplace son revolver habituel par un fusil, par les tours de garde, les camps d’entraînements. Bassam, lui, regarde tout cela d’un œil sceptique et détaché ; mais peut-on encore se permettre impunément d’être détaché, quand on a un oncle communiste de l’autre côté et un meilleur ami de plus en plus impliqué dans les discours et les actes phalangistes ? Peut-on encore faire comprendre, malgré la guerre et les rancunes, qu’on n’est ni pour ni contre ? Et garder l’amitié d’un homme dont on ne partage plus les choix et la vie ?

La guerre n’est pas absente, bien sûr : nous sommes à Beyrouth et dix mille bombes sont déjà tombées sur la ville. Mais ce n’est pas un livre de guerre. C’est à peine si on a quelques descriptions d’attaques, c’est toujours après coup, ce n’est pas un combattant qui parle mais un soldat survivant, épuisé, choqué. La géopolitique s’invite un peu, mais Rawi Hage n’est pas dans la dénonciation ni dans la condamnation, du moins pas celles des nations. Il se contente de montrer ce que la guerre fait des hommes, c’est bien assez. Il reste autour de Bassam et de son regard sur le monde, de son envie de vivre, de son énergie bridée par la guerre et les traditions, par les discours des uns et des autres sur ce qu’il convient de faire, par l’identité qu’on lui colle. Le livre suit d’ailleurs, dans les titres des parties comme dans le rythme de l’écriture, l’évolution de Bassam : le rock endiablé et désespéré de la première partie, « Rome » - Georges et Bassam sur une moto lancée à toute allure sur les routes de campagnes, les revolver qui claquent pour dégager la route, les cigarettes et les rêves, entre A bout de souffle et La fureur de vivre. Puis c’est « Beyrouth » et la guerre qui revient, qui refuse de se laisser oublier, qui veut prélever sa part de vies et d’espoirs, sa part d’êtres brisés, qui ne saurait renoncer aux trahisons, aux délations, mesquineries, aux tortures. Et enfin, c’est « Paris », et la langue se fait moins trépidante, moins haletante, pour coller aux rêves de Bassam qui n’a peut-être pas échappé aux désastres de la guerre comme il le croit, qui espérait être passé à travers elle, l’avoir laissée derrière lui, mais qui la porte peut-être en lui à tout jamais. Les personnages évoluent finement, presque sans qu’on s’en aperçoive, et d’un coup on se dit, mais comment ? L’écriture est absolument superbe, lyrique et enveloppante sans efforts ni sans dégoulinade, juste comme j’aime, le rythme est changeant et toujours parfait ; et c’est un premier roman !

Il y a dans la dernière partie quelques passages qui m’ont moins convaincue. On est certes loin des clichés du film d’espion, mais il y avait je-ne-sais-quoi d’artificiel dans certains développements, quelque chose de trop peut-être, ou d’inutile plutôt. Sans pour autant que cela amoindrisse le plaisir de la lecture, le désir de savoir, le souffle court. Sur le coup d’ailleurs ça ne m’a pas frappée, c’est plutôt maintenant, en repensant au livre, que je me dis ça.

Mais dès la première ligne, Rawi Hage agrippe son lecteur et ne le lâche plus. Il pose ses tripes et son cœur sur le papier et vous lance cette histoire comme on crache à la gueule du monde ; mais, Dieu ! que ces crachats sont beaux.

Les avis emballés de Magda, Fashion, Caro[line], Karine, Erzébeth, Levraoueg, Cathulu.

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15 septembre 2008

Achopper

HPIM1405
Gotha, août 2007

De Gertrud et Elsa, le promeneur ne saura pas grand-chose. Etaient-elles cousines, sœurs ? Belles-sœurs ? Que faisaient-elles ? Etaient-elles cachées ici, ou bien vivaient-elles au grand-jour ? Avaient-elles eu des enfants,vivaient-elles chichement, ménage de deux veuves ou deux vieilles filles, descendaient-elles d'une famille riche? Elles étaient sans doute juives : elles ont été déportées dans un ghetto, qui regroupa d’abord les juifs des environs avant de recevoir en 1942 des convois massifs de Juifs de Saxe et de Thuringe.
Gertrud et Elsa sont mortes, sans qu’on sache quand. Deux parmi des milliers. Il ne reste d’elles que ces deux petits pavés dorés. Il reste d’elles au moins ces deux petits pavés dorés.

J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’une initiative berlinoise : je n’en avais vus que là. En voir à Gotha me fit penser que c’était peut-être un reste de la RDA, bien que sans rapport avec la pompe du régime. Après tout, je n’en avais jamais vu à l’Ouest. C’est que je connais bien peu l’Ouest.
Mais non. C’est très récent, et c’est un artiste allemand, Gunter Demnig, qui a lancé en 1993 ce projet des Stolpersteine, des pierres d’achoppement.

Je suis extrêmement sensible à cette forme de souvenir. D’abord par la forme : c’est très simple, et pourtant tout est dit. Le pavé attire votre regard, et vous oblige à vous courber légèrement, comme pour honorer les morts et les victimes. A force de passer régulièrement au même endroit, je finissais par attendre les Stolpersteine, et par saluer ces noms. Ces noms, justement. Voilà aussi ce qui me plait beaucoup dans cette démarche. Six millions de morts (et là, on ne parle encore que des Juifs), je ne sais pas pour vous, mais pour moi ce n’est qu’une masse abstraite. Oui, je sais que c’est beaucoup, que c’est énorme, mais finalement, deux millions, six millions ou cinquante millions, je ne saisis plus qu’un magma confus de victimes. Ces pavés sont certes beaucoup moins nombreux (13 000 à ce jour), mais ils individualisent les victimes, ils les sortent de ce magma imprécis, ils forcent le passant à imaginer la vie des victimes. Ils surgissent dans votre espace quotidien, ils vous rappellent l’existence et la matérialité des morts. Je trouve ça diablement efficace, tant au niveau du souvenir émotionnel que de la mémoire plus intellectuelle, plus réfléchie.

Bien plus que le monument officiel aux victimes de la Shoah. Je l’ai toujours compris comme une sorte de vaste tombe juive, sur laquelle les visiteurs auraient déposé des cailloux de toutes formes et tailles. Ce sont en fait des stèles de même taille mais différentes hauteurs, qui veulent rendre le caractère méthodique, atroce, unique de l’entreprise nazie, et la culpabilité allemande. Différences des stèles pour rappeler la multiplicité des individus ? Peut-être, mais l’ensemble est tout de même très froid, et très abstrait, si l’on ne descend pas dans le centre d’information – ce que je n’ai jamais fait, j’y suis toujours passée aux heures de fermeture. On ressent plus l’horreur de la Shoah, du mécanisme nazi, que le destin des victimes. Michael Blumenthal, directeur de l’excellent musée juif de Berlin, considère d’ailleurs l’ensemble comme « un monument des Allemands sur un terrible événement de leur histoire ». Et puis le monument est ouvert, on peut y passer, s’y faufiler, s’y angoisser – la nuit, c’est atroce. On peut aussi grimper sur les stèles quand plus personne n’est là pour surveiller. On peut courir, crier et rire. On peut s’y surprendre. Et j’avoue que la nuit, l’hiver, quand on ne peut passer qu’un par un dans les allées sans plus voir où sont les autres, il est plus que tentant de jouer pour se rassurer. Et ça me dérange.

Mais finalement, plus que la forme elle-même du monument, et que son emplacement sur l’itinéraire touristique par excellence*, entre Brandenburger Tor et Potsdamer Platz (semblant ainsi résumer l’histoire allemande à la Prusse militaire, aux crimes nazis et à une Futuropolis qui pour être magnifique n’en est pas moins quelque peu écrasante), c’est le fait que ce soit un monument aux victimes de la Shoah qui me dérange. Non que je souhaite oublier ou nier l’extermination des Juifs, entendons-nous bien. Mais ce que j’aime vraiment dans les "pierres d'achoppement" de Gunter Demning, c’est que sans être anonymes ils fondent ensemble toutes les victimes du nazisme : Juifs, Rom, homosexuels, Témoins de Jéhovah, handicapés, résistants. Ceux qui étaient jugés indésirables, sous-hommes ou même non-humains, ceux que les nazis voulaient éradiquer pour constituer la société parfaite et pure de l’aryen conquérant. On ne sait jamais pourquoi la victime fut victime. Elle était différente de la norme absurde voulue par le régime, ou s’y opposait, oui, mais on n’a rien de précis. Une même victime peut aussi appartenir à plusieurs catégories, cela n’a pas d’importance. Avant tout, ce fut un Homme.

Lors du vote de 1999, le Bundestag décida lui de construire des monuments séparés pour les victimes**, car, affirma son président (Wolfgang Thierse, SPD), « ce fut le pire des crimes du national-socialisme. […] La tentative d’exterminer un peuple tout entier, c’est cela le point de départ. »
Cette posture me choque pour plusieurs raisons. Même si quantitativement les Juifs sont les  victimes les plus nombreuses, les Rom aussi ont été visés comme peuple et destinés à l’extermination ; et puis cette manière de hiérarchiser les catastrophes… Et puis surtout cela revient à séparer les groupes humains, à mettre en avant les particularités de tel ou tel, particularités qu’il n’aurait d’ailleurs pas forcément revendiquées comme premières et constitutives de son individu. Cela revient à mettre d’abord le particulier avant le commun, l’appartenance à l’humanité. Cela revient à faire la même chose que les nazis : trier les gens, séparer, regrouper. Pour des monuments qui prétendent rendre hommage aux victimes de la folle sélection nazie…

Il existe déjà un monument commun à toutes les victimes à Berlin : la Neue Wache. Cet ancien poste de garde est devenu monument aux morts de la Première Guerre mondiale, puis monument pour les victimes du fascisme et du militarisme. Les régimes communistes se sont toujours présentés comme les remparts et les vainqueurs du fascisme, et la RDA associa sa propre célébration (flamme éternelle allumée pour le vingtième anniversaire de sa fondation) à la mémoire des victimes, représentées par un prisonnier inconnu des camps et un soldat inconnu. Et c’est depuis 1993 le monument pour les victimes de guerre et de persécutions, avec la reproduction de la superbe statue de Käthe Kollwitz pour la tombe de son fils mort lors de la Première Guerre mondiale.

Il est indéniable qu’il fallait un autre monument que celui-ci, trop universel et trop entaché encore, sans doute, par la récupération communiste. Mais je déplore profondément le choix de monuments ségrégants, quand la démarche de Gunter Demnig est à la fois belle, simple, efficace, et humaine.

*Martin Walser, écrivain allemand, s’est élevé contre cette manière de « bétonner le centre de la capitale avec un cauchemar. » Si je suis assez d’accord avec cette idée (les Allemands ne sont pas que, ni d’abord, les héritiers de la période nazie, et il faudrait éviter que Berlin ne devienne une collection de monuments, qui perdraient alors toute signification), je ne sais pas trop quelles pouvaient être les motivations de Walser, au centre de polémiques ces dix dernières années après ses déclarations contre « l’instrumentalisation de la Shoah » et son Mort d’un critique dans lequel un écrivain nazi s’attaque au double de papier du critique littéraire le plus influent d’Allemagne, rescapé du ghetto de Varsovie, Marcel Reich-Ranicki. N’ayant rien lu de M. Walser, je suis bien embêtée, et j’en profite donc pour lancer un appel : Agnès, fais-nous profiter de tes lumières !! (et je ne sais même plus d’où vient la citation)
**La dernière fois que je passai à Berlin, en novembre dernier, un large panneau annonçait la création d’un monument pour les Tziganes, à proximité du Bundestag – qui est en soi un monument à la démocratie et à la liberté. Tout près donc des croix-souvenirs de quelques Allemands tués en tentant de franchir le mur. Il y a aussi une inscription à la mémoire des homosexuels à la station de métro Nollendorfplatz ; les lieux homosexuels étaient essentiellement situés sur cette place dans le Berlin des années 30. Je ne sais pas si un monument plus général a déjà été décidé.

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12 septembre 2008

Big Apple

HPIM0618

Je n’avais encore jamais souffert du jet-lag. J’en entends qui ricanent au fond : non, je ne suis pas allée qu’en Allemagne.
Alors, six petites heures de rien du tout, hein, finger in the nose.

Ben non. En plus, il pleut.

HPIM0769
soooo wild wild west, isn't it?

Car oui, j’ai passée quinze jours de fabuleuses vacances de l’autre côté de l’Atlantique, à New York. Qui, comme chacun sait, est surnommée la grosse pomme, fruit défendue qu’Eve croqua parce que Curieuse (et un peu poussée par le serpent), donc destination logique pour un Vilaindéfaut. Capillotracté ?
(c’est juste parce que j’adore ce mot)

HPIM1116

J’ai en effet la chance d’être dotée de deux ou trois choses qui rendent la vie plus belle, et que vous seriez bien avisés de chercher aussi :

-des amis géographes. Le géographe est bon vivant, sociable, il aime rire, boire et chanter (pourquoi diable cette phrase sonne-t-elle à mon oreille comme du mauvais Dalida?), voyager aussi, et a soin de choisir des terrains d’étude exotiques ou un métier à la Jack Bauer.
-des amis pas géographes mais qui ont eu la bonne idée de choisir un sujet plus funky qu’Erfurt. En même temps, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même si personne ne vient me voir en Thuringe…
-des copines prêtes à partir au bout du monde en trente secondes après une soirée trop arrosée (de thé) et des copains prêts aussi sec à accueillir deux folles, à les guider, les supporter, les conseiller, les supporter, les présenter à des gens sympas, les supporter. Impossibles, nous ? Certainement pas. Mais notre folie commune pour les chaussures, les diamants (ah ! Tiffany…), les vêtements, les barrettes, les chapeaux, peut-être un peu, oui. Surtout pour un garçon.

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Car oui, les Etats-Unis sont un pays en guerre.

Alors en vrac et en attendant des billets un peu plus précis, je suis partie avec quatre livres (j’aime avoir le choix) que je n’ai pas ouverts et celui en cours que j’ai péniblement fini. Ils sont contents, ils ont vu du pays, et même ils se sont fait de nouveaux copains. J’ai envoyé les dernières cartes postales de France, tellement j’ai mal géré les timbres. Je n’ai presque pas eu d’ampoules. Je n’ai pas compté les kilomètres, ni les hot-dogs. Finalement, j’adore les burgers, surtout dans un grand hôtel. On n’a pas eu le temps de prendre le thé au Walscott, pour la prochaine fois ! La dernière fois, j’avais eu une tempête de neige, là j’ai eu la frange d’une tempête tropicale, Hanna, c’est impressionnant. Beau aussi. Mais gênant pour le promeneur. J’ai papoté avec des chauffeurs de taxi, des vendeurs de jean, des vendeurs de badges, des jeunes militants pour Obama, des mémés. J’ai vu Sarah Palin à la télé, elle est forte. J’ai croisé George. Hélas, pas lui, mais W. J’ai vu des couchers de soleils somptueux à Washington, le soleil sur la baie de l’Hudson, le brouillard sur New York, et les lumières de la ville. J’ai bu des litres de thé au Starbucks. J’ai été refoulée de restos trop top à la mode méga hype et bondés pour atterrir dans de mignons restos. J’ai découvert ce qu’était un restaurant bruyant, d’ailleurs, pour la première fois de ma vie je suis ressortie après cinq minutes. Imaginez une petite salle, deux couples égarés et des tablées de filles américaines hurlant, piaillant, haïeeeeeeeeeeee ! oh so cuuuuuuuuute !!!! et autres oh myyyy gooooood !!!!!!!!!!!!!!

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my absolute favorite : le Chrysler Building

J’ai aussi fait de gros progrès en calcul mental. A l’addition classiquement divisée entre les mangeurs (qui a pris ce *µµµ$*$m$pâkgcL de ryoshuku minga ?)(oui on a mangé japonais aussi), il faut ajouter la taxe (à diviser aussi, idéalement au prorata des consommations, mais vient un moment où l’idéal, on l’oublie) et enfin le pourboire. Car aux Etats-Unis, les serveurs sont à peine payés. C’est au client de payer, en fonction de son appréciation (sachant que c’est quand même faussé, car il est impensable de ne rien laisser, même si ce fut lamentable, c’est minimum 10%). Du coup, après force sourires d’un serveur pas toujours subtil et dans les yeux duquel vous ne voyez ni courtoisie ni sympathie, mais des dollars façon cartoon, il faut encore s’escrimer à calculer combien vous voulez laisser (10%, 15, 18, 20% ?), avec un ami qui vous rappelle que quand même, c’est New York, on laisse plus (à ce stade ma logique, déjà défaillante, est partie très loin et n’est plus jamais revenue : sachant que le client doit payer en fonction de son appréciation, si c’est mauvais, déjà qu’il faut laisser 10% parce que c’est comme ça, pourquoi encore monter à 15% parce que c’est New York ? (C’est là que mes origines bouseuses et rétives aux usages de la grande ville remontent)) – d’autant que l’ami en question compte bien y revenir, dans ce resto –, à le répartir entre les convives (et là croyez-moi l’idéal il est très très loin, vous faites ça à la louche et qu’on en finisse), à trouver la monnaie ou à s’arranger, à remplir le reçu de blue card (qui n’existe pas au US, ici c’est credit ou debit et si t’as que debit*,t’es trop un looser de pauvre) en complétant la ligne pourboire sans se tromper, sans raturer, et sans faire des 1 qui ressemble à des 7.

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Heureusement, les gourmands sont à la fête. Pas vraiment low fat, mais le cheese-cream, les hot-dog et les burgers, le cheesecake, les bagels, les muffins, les carrotcakes, le pumpkins loan de chez Starbucks… Et on boit du bon thé glacé partout. Rien que pour cette invention, God bless America.

Et puis il a fallu rentrer, après une orgie de musées, d’architecture vertigineuse, de mélange de gens, de couleurs, un métro tout pourri et du jazz, avec dans les bagages en plus et à deux : trois paires de chaussures, cinq livres, un chapeau à voilette, des barrettes et boucles d’oreilles en plumes, deux ou trois étoles, des tableaux rétro, de vieilles partitions de Broadway, des cartes postales, 800 photos au bas mot, de la space food, des tonnes de tasses, des crèmes et des mascaras, pas de diamant, des ongles (pieds et mains) manucurés femme fatale, une mappemonde fabriquée à Chicago entre 1945 et 1947, des democrats snacks, un badge « teacher power » et la photo des toilettes de Ralph Lauren – enfin, de son magasin.

C’était bien. Merci A., merci M., merci O.

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*Comme en Allemagne (EC-Karte et Credit-Karte), il y a la carte pour retirer et payer avec les sous qu’on a sur son compte, et la carte pour payer avec des sous qu’on n’a pas forcément mais c’est pas grave, vive les intérêts. Et la carte à puce, oubliez. La plupart du temps c’est la bande magnétique qui compte, vive la sécurité.

Posté par vilaindefaut à 13:44 - deci-delà - Commentaires [13] - Permalien [#]

10 septembre 2008

I’m back

J’aime pas les vieux. J’aime pas les enfants. Alors quoi de pire, je vous le demande, que de faire ses courses le mercredi matin avec les mères de famille du quartier et leurs rejetons, les mémés du quartiers et leurs ragots, et les grands-mères du quartiers avec leurs petits-enfants ?

Je suis rentrée hier et je veux déjà repartir. C’était bien…  Trouvez-moi un mari milliardaire de toute urgence ! De préférence à l’agonie et sans enfant d’un précédent mariage.

A part ça, je comprends enfin ma mère qui trouvait les retours de vacances vraiment épuisants. J’en raconte plus demain – là, je suis un peu trop occupée à faire la danse des sept voiles à mon linge pour qu’il accepte de sècher un peu plus vite, j’ai d’autres machines qui attendent...

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Posté par vilaindefaut à 13:35 - ma vie folle et aventureuse - Commentaires [13] - Permalien [#]
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