28 octobre 2008
« Please stand clear of the closing doors ! »
Je sais, ça fait maintenant bien plus d’un mois que j’avais promis d’autres billets et d’autres photos sur New York, mais que voulez-vous… parfois les souvenirs sont submergés par le nouveau, parfois aussi ils ont besoin d’un peu de temps pour s’ordonner.
Et puis à force d’entendre parler matin midi et soir des élections américaines comme si on y participait aussi – je travaille chez moi avec la radio, France Inter power ! (oui, je suis prof) – j’ai eu envie de remettre ici quelques photos, à commencer par les rares que j’osai prendre dans le métro.
Amis parisiens, ne vous avisez plus jamais de vous plaindre de notre délicieux métropolitain. Oui, il est plein comme un œuf et même pire sur de nombreuses lignes. Oui, certaines rames ne sont toujours pas climatisées. Oui, c’est le réceptacle des misères urbaines que vous n’avez pas envie de voir. Oui, il y a parfois des demandes plus ou moins aimables de patienter merci pour régulation de trafic qui vous tombent dessus pile quand vous êtes en retard. Oui.
Le métro new-yorkais est vaste, climatisé, d’une propreté surnaturelle. Mais d’abord, le réseau est compliqué à comprendre, un complot pour repérer les touristes obligé de sortir guide et plan. Plusieurs lignes ont la même couleur, toutes les lignes sont des hydres qui desservent deux ou trois destinations à chaque extrémité, certains trains sont local, d’autres express – ils suivent le même trajet mais ne s’arrêtent pas partout. Pratique, oui. A condition d’habiter sur l’arrêt express. J’ai la prétention de ne pas être totalement blonde, et pourtant c’est seulement à la fin de mon deuxième séjour que j’ai eu l’impression de maîtriser un tant soit peu le fonctionnement de la bête. Bête dont le conducteur se trouve dans le wagon du milieu, mais comment peut-il conduire ?

Il y a un charme géométrique dans les stations de métro qui me ravit ; j'ai l'impression de devenir un petit bout de Mondrian
Et puis la clim’, c’est bien gentil, mais seules les rames sont rafraichies. Donc sur le quai, vous profitez dans la joie et la bonne humeur de la température tropicale de l’été, encore augmentée par les rejets brûlants des climatiseurs. En somme, le métro est un sauna involontaire et fort désagréable. Transpirez, tremblotez. Transpirez, tremblotez.
Les couloirs sont archaïques, sales, les fuites sont partout. Pas de clochards, mais les rats sont chez eux. On a parfois l’impression d’une archaïque modernité, d’un métro qui s’harmonise avec les plus anciens gratte-ciel sans suivre le mouvement des nouveaux, vertigineux même d’en bas. Les wagons sont larges, certes, mais heureusement, car parfois un obèse joue les équilibristes au milieu du wagon et vous commencez à craindre un peu pour vos genoux – le monsieur s’est finalement révélé fort habile, mais vous êtes une hypocondriaque doublée d’une pessimiste.
Pas de musique ou presque ; sauf le jour de la tempête Hanna, et probablement parce qu’ils ne pouvaient plus jouer dehors, où nous avons croisé un groupe de jazz fabuleux, quelques cuivres et des percussionnistes sur barrils de récupération. Le soir nous avons recroisé le saxophoniste, seul sur le quai, un air mélancolique, la résonnance du sous-sol.
Le métro est finalement à l’image de la ville : net de toute misère humaine, de tout déchet. Point de SDF dans nos promenades manhattaniennes, sauf dans ce Lower East Side où ils sont tous rassemblés, incongrus, effrayant presque tant on en a perdu l’habitude en quelques jours. Dans les squares, sur les trottoirs, devant les restaurants, les hôtels, les boutiques vintages branchées, ils s’endorment. Ils se rappellent au bon souvenir du touriste, forcément roi du pétrole, et des jeunes gens hype, fêtards jusqu’au bout de la nuit. Bien sûr, la pauvreté est visible aussi dans Harlem, mais pas ce dénuement. La misère existe aussi dans le Bronx, mais nous avons préféré ne pas y mettre les pieds.
Le métro de Washington est encore pire: les stations sont toutes construites sur le même modèle, une architcture grise à la lumière jaunâtre, des loupiotes qui clignotent sur le bord du quai quand la rame arrive, c'est propre, net, on a l'impression de ne pas avancer, d'être coincé à Gattaca, c'est affreusement oppressant.
Alors on prend des taxis, des tas de taxis jaune, pas cher, parfois entourloupeurs (my accent is not good), tchatcheur, en français, en anglais pas plus good accentué que le mien – mais nos accents ont toujours refusé de coopérer. Le rêve new-yorkais, définitivement, ce n'est pas ce métro moche et peu engageant, mais ce taxi individuel, bon marché, efficace, pullulant.
C’est tout de même dans le métro que l’on croise les seuls couples s’embrassant – des Noirs ou des Latinos le plus souvent – qui ne font pas les choses à moitié. Dans l’Amérique puritaine, c’est rien ou tout.
Commentaires
Les chauffeurs de taxi à New York, c'est toute une aventure aussi, mais j'en garde d'excellents souvenirs.
tu remues le couteau ds la plaie, Mo... j'aurais dû partir, j'ai dû annuler, ça me fend le coeur de voir ça :)
*Maijo: oui, excellents souvenirs, sauf une fois. On s'est prise pour Carry Bradshaw et c'était fun!!
*Amanda: arg, désolée!! Le mieux est sans doute que tu ne passes pas trop par ici les prochains jours... mais je suis sûre que ce n'est que partie remise!
ah bah je passerai quand même (avec mon kleenex)
J'ai lu ton billet ce matin mais n'ai pas osé laisser de commentaire, tes photos souterraines m'oppressaient un peu (j'ai des périodes, comme ça, où le métro m'étouffe. Mince, on est quand même sous terre, serrés comme des petits pois, sans air, je ne trouve pas ça... naturel).
En tout cas, merci de me prévenir, n'ayant au-cun sens de l'orientation (terrible), je ne prendrai pas le métro à NY, si j'ai la chance d'y aller un jour... La dernière photo me plaît énormément, avec le soleil, les taxis, l'air, oui, l'air, puis ces immeubles typiquement américains...
Vivement la suite !
*Amanda: ;))
*Erzébeth: oui, c'est vrai qu'on est sous terre. Mais je n'y pense que lorsque le métro s'arrête entre deux stations! La dernière photo est prise du haut de la roof-terrace de chez une amie allemande, c'est chic non? Quand tu prends la photo au bord, tu sens vraiment l'appel du vide, même sans avoir le vertige...
Bonjour Madame Mo,
J'aime beaucoup la photo de New York vu d'en haut. C'est un point du vu digne de spider-man. Au fait, vous qui l'avez croisé dans le métro à Paris, l'avez-vous aperçu dans celui de New York ?
A bientôt.
Hélàs, point de super-héros à nous mettre sous la dents. Nous ne devions pas connaître les bons endroits...
Comment Madame Mo !
Vous êtes allée là-bas sans le "Marvel comics guide to New York city" ?!?
Pour votre prochain voyage pensez à emporter cette carte :
http://www.emmafrostfiles.com/gallery/Random/Manhattan/manhattan_lg_highquality.jpg
A bientôt.
Oui, shame on me, hein? J'y penserai la prochaine fois (je compte bien qu'il y ait une prochaine fois!!)
super billet!!! ;o)
Merci!!
Le coup des rats, là, j'ai comme qui dirait un blocage (bon, j'ai continué à lire, quand même !)!
grâce à vous j'ai fait ce que je n'ai jamais osé à NY:pris le métro,thank's for the trip
*Brize: oui, ça fait bizarre. En même temps, j'en avais déjà croisé dans marésidence étudiante (pourtant grand luxe),enfin, je crois, et il y a des renards chez mes parents, pourtant en ville. C'est surtout que c'est un tel contraste avec la modernité new-yorkaise et la phobie américaine de l'hygiène!
*Alain: bienvenue ici, et de rien pour le voyage!
N'importe quoi.
Tout ce que tu dis est faux, totalement faux.
Le metro newyorkais est beaucoup plus facile a comprendre que le parisien, bien sur tu dis ca car tu habites Paris et connait toutes les stations et les lignes, mais pour moi, from PROVINCE (comme vous aimez si bien le dire, la france c'est Paris, puis la province) il est beaucoup plus facile de s'orienter dans la grande pomme (grace au decoupage metrique) que dans le petit centre du monde .
Et les rats, oui sont dans le metro, et le nettoyent tres bien d'ailleurs, puis au moins ne sont que dans le metro, et pas dans les rues !
Aussi, adopter des rats, c'est si mignon et si intelligent...
Où as-tu vu que je mérpisais tout ce qui n'est pas Paris? J'ai pris de nombreux métros, dans de nombreuses villes, et pas seulement des capitales. Seuls le émtro New-yorkais m'a posé problème, c'est ce que je dis ici. Et préférer Paris à New York ne signifie pas préférer Paris à tout...
Le découpage métrique est effectivement très pratique, mais en surface. Je maintiens, le métro est perturbant - pour moi, évidemment! Car oui, c'est un blog, c'est un espace personnel, je ne prétends pas détenir la vérité, je livre mes impressions. On peut ne pas être d'accord, c'est même intéressant d'en discuter en commentaire, mais inutile d'être si agressif et péremptoire.
Pour les rats, ce sont en effet des animaux trèèès intelligents. Mais le rat de compagnie n'a rien à voir avec le rat d'égout dont, personnellement, je ne tiens pas à m'approcher. Après, chacun fait ce qu'il veut...








