Dieu qui fît le ciel et les étoiles est ce que ça t'aurait donné du mal de changer ton plan phénoménal
J’étais tranquille, j’étais peinard, plongée dans ma torpeur. Cuné s’est approchée de moi et elle m’a regardée comme ça : t’as rien écrit, ma fille, depuis longtemps, l’est temps qu’ça change, viens faire un tour dans mon p’tit tag, j’vais t’apprendre un jeu rigolo, à grand coup de questions absurdes. Moi j’lui dis « laisse béton ». Elle m’a filé un « si », j’lui ai filé un « pourquoi », elle m’a filé un « fais », j’lui ai filé mon portrait.
Si j’étais Moi : c’est-à-dire, si j’étais Moi-toi ? Je ne serai plus moi. Ou bien si j’étais Moi-moi ? Mais alors, c’est que je ne suis pas Moi, là ? Mais donc, qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? Il est temps de reprendre un verre.
Si j’étais Fashion : j’aurais mes cheveux rêvés et parfois hélas un goût déplorable en matière masculine.
Si j’étais amoureuse : je serais légère et rayonnante et pétillante (c’est-à-dire, encore plus que d’habitude, n’est-ce pas), et j’aurais des papillons dans le ventre en permanence, et il sentirait bon le sable chaud. Et je n’ai jamais prétendu que je n’étais pas un cliché.
Si j’étais anglaise : je pourrais céder à mon mauvais goût vestimentaire en toute liberté et bonheur. A moi léopard, rose à paillette, mini minirobe et escarpins argentés. Ensemble.
Si j’étais écrivain : mais je le suis. Et croyez-moi, le fantasme de l’écriture en solitaire dans une maison en bord de mer, on en revient. (Comment ça, une thèse pas finie, ça ne compte pas ?)(Eh bien si j’étais écrivain, j’écrirais, tiens. Vous voilà bien avancés, avec votre mauvais esprit.)
Si j’étais en colère : ah, tiens, j’avais d’abord oublié cette question. Refoulée, ma colère ? Oh, non, vraiment, je ne vois pas ce que vous voulez dire. (Mais le jour où elle sort, numérotez vos abatis.)
Si j’étais d’humeur joueuse : je flirterais sans vergogne.
Si j’étais un rideau : un rideau de douche. C’est bien un rideau de douche. Et puis c’est tout moi : c’est discret, ça a une bonne propension au kitsch, et c’est polyvalent (ouh, je t’ouvre pour admirer Monsieur, ouh, je t’ouvre violemment pour faire peur à la dame sous sa douche, ouh, je m’emberlificote dedans pour faire sauna, ouh, j’en fais plutôt une robe de Bal des Déb’, ouh, ça fait parachute de secours, ouh, je te jette façon rets sur le méchant assaillant, ouh, je te décroche pour emballer un cadavre – j’ai trop regardé Les Experts, oui). On devrait toujours avoir un rideau de douche à proximité, un peu comme une serviette de toilette, finalement.
Si j’étais une pandémie : je dirais bien la peste, pour faire médiéval (la Grrrrrande, la seule, la vraie, la Noire), mais c’est un peu quelconque, finalement. Ebola, c’est tout de même trop salissant. La variole, éradiquée mais sait-on jamais, me semble à la fois historique, snob et l’air de rien, faussement inoffensive, c’est parfait.
Si j’étais un assureur : Séraphin Lampion. Who else ?
(Et je ne désigne personne, j’ai la flemme d’inventer des questions et de trouver qui n’a pas encore répondu.)(Ma paresse me perdra.)
Commentaires sur Dieu qui fît le ciel et les étoiles est ce que ça t'aurait donné du mal de changer ton plan phénoménal
Séraphin Lampion, celui qui porte à la fois une ceinture et des bretelles ? Quelle bonne idée
))
Tu ferais un très beau rideau de douche écrivant, seul, le regard profond et azur, en bord de mer.
Moi un goût déplorable en matière d'homme ? N'importe quoi.
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*Cuné: comme ça son pantalon est vraiment bien assuré, c'est un homme qui connaît son métier.
*Cahouète: oh, veux-tu être ma pomme de douche?
*Fashion: seulement parfois. Je n'oublie pas certains hommes en manteau long (non, PAS CELUI-LA), détective écrivain, libraire-garou...
J'adore. Voilà. (tu remarqueras que j'argumente comme une folle dernièrement)
J'adoooore les utilisations que tu fais de ton rideau de douche !
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*Maijo: franchement, je ne vois pas le problème avec des arguments, vraiment.
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*Emeraude: c'est parce qu'en vrai je n'en ai pas, alors du coup je fantasme à mort sur mon futur rideau en plastique!
Oooooh ! Séraphin Lampion ! (J'ai remarqué récemment qu'à cause de lui, toute occurrence du prénom Séraphin - même hors contexte tintinesque - m'évoquait immédiatement une lanterne en papier... L'esprit est parfois tordu.)
Sinon, j'aime beaucoup ton style ^^ (L'introduction est... époustouflante !)
Ou l'esprit est au contraire très logique, non? Merci pour les compliments. Ils me font très, très plaisir!
La morale de c'te pauvr'histoire, c'est qu'quand tes tranquille et peinard, faut pas trop traîner dans les questionnaires, à moins d'vouloir te soumette au tortionnaire.
[inci ici ? mes mondes entrent en collision - tant mieux si ça fait des étincelles]
Et oui, Inci découverte en partant de chez toi, et qui m'a fait en retour découvrir les drama coréens, une belle histoire de procrastination!
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