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le blog curieux d'une rêveuse-voyageuse...

23 décembre 2008

« Elle ignorait, en fait, pourquoi elle s’obstinait à faire renaître le monde, chaque matin, en écoutant les infos »

Le Danois serbe, Leif Davidsen, 2001 (1996)

Deuxième livre reçu de la part d’Amanda dans le cadre du swap Sexy men, ce roman-là vous fait tout oublier et regretter ensuite de n’avoir pas la suite sous la main, là, maintenant, tout de suite.

41Gzx131LsL__SL500_AA240_Ce n’est pas un roman policier : point de meurtre, d’inspecteur à tics, de suspects plus ou moins probables, de dénouement surprenant. Le meurtre n’est pas encore commis et nous assistons à sa préparation. Sa double préparation, en quelque sort : celle de l’assassin, Vuk, recruté par la mafia pour le compte des Iraniens. Et celle des « concurrents », les services spéciaux danois bien décidés à protéger le Sujet, Sara Santanda, écrivain iranienne sur qui pèse une fatwa, à l’efficacité renforcée par une prime de 4 millions de dollars. Sara Santanda veut pourtant sortir de sa cachette britannique, et elle accepte l’invitation d’un grand journal danois et de sa journaliste culturelle vedette, Lise Carlsen.

Cette lutte à distance, dans l’incertitude, donne au récit une grande tension et l’on se prend à souhaiter qu’on en arrive au meurtre, enfin. D’autant que l’auteur ne vous épargne pas vraiment : la laideur du monde, les vices, l’argent, la Realpolitik, le professionnalisme froid de Per Toftlund, responsable de la sécurité, la guerre, la perversion sous toutes ses formes, les massacres, l’absence totale de scrupule chez Vuk, Serbe de Bosnie sans plus d’attache et mécanique mortelle parfaite. Mais pas pour de l’argent. Et peut-être encore dotée d’un cœur.

Tout le roman n’est que l’alternance des préparatifs de Vuk et de l’organisation de la venue de Sara. Le rapprochement progressif du tueur, vers l’Europe occidentale, vers le Danemark, vers Copenhague, vers le lieu secret de la conférence de presse. Ses changements d’identité, ses trucs, son calme et ses cauchemars. Un roman vraiment très, très fort, dans lequel les personnages ne sont pas là seulement pour servir la mécanique. Ce n’est pas juste un roman d’espionnage, il y a aussi les sentiments, les crises, les interrogations. Il y a encore, Copenhague l’alanguie, l’été, la mer, les café et le bitter, cette dolce vita scandinave, et cette mollesse des démocraties trop centristes, trop modérées, qui grossissent les petits problèmes et se contentent d’un gouvernement de compromis.

Et un objectif sexy men parfaitement rempli : Vuk est jeune et athlétique, c’est le mauvais garçon qu’on aimerait guérir, être celle qui le ramènera à la vie normale, qui lui fera oublier. Est-il beau ? On ne sait pas vraiment. Mais il a les yeux bleus et le charme blond mi-scandinave mi-slave qui en fait le Danois serbe (pour moi, ça veut dire qu’il est sublime), il a un torse puissant et un regard mystérieux, un peu inquiétant ; c’est une bombe. Effrayante. Mais fascinante.

Pour celles qui préfèreraient un peu moins de danger, le beau Per est là, trop parfait sans doute, militaire au cordeau, mais sensible et hésitant, aussi. Moins sexy, forcément.

Pour toutes, et même tous, soyons fous, une langue qui se fait tour à tour chacun des personnages, avec un début parfait qui nous fait voir le monde par les yeux d’un intellectuel nationaliste, puis par ceux d’un franc-tireur serbe, puis nous plonge dans la guerre et ses trafics, avant d’empêcher le lecteur de réfléchir plus au style, car une seule question demeure : va-t-il réussir ?

Merci Amanda!

Son avis ici.

Posté par vilaindefaut à 15:52 - Danemark - Commentaires [6] - Permalien [#]
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