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le blog curieux d'une rêveuse-voyageuse...

25 février 2009

Saga de Gísli Súrsson

Fin du XIIe siècle

51FVSQRAVYL__SL500_AA240_Sur les conseils d’Agnès, et vu le prix modique, je m'étais empressée de commencer l’année en achetant cette saga, ma toute première, à la si jolie couverture et aux perspectives alléchantes : « Vengeance, jalousie, trahison… une histoire de vaillance, d’amour et de mort dans le monde rural des fiers guerriers viking. »
Là, moi je m’attendais à quelque chose comme Les rois maudits, mais en beaucoup plus court, une histoire façon faide royale du VIe siècle (mais si, vous connaissez, vous avez sûrement entendu parler de Brunehaut et Frénégonde. Et sinon, rendez-leur visite, vous allez voir, on savait s’amuser chez les Mérovingiens), Dallas chez les Vikings, quoi.

Lourde déception. D’abord, pendant environ quarante pages (sur 115…), c’est lent et pénible. Ça ressemble vaguement à la Genèse, mais en moins compréhensible. Machin épousa Truc et s’installe Ici. Son frère, Chose, épousa Bidule, et s’installa là-bas. Et vas-y que je raconte la descendance, et vas-y que je reviens sur les collatéraux, et vas-y que j’en rajoute une couche sur les belles-familles… le tout au présent et avec LE MOINS de détails possible. La présentation (de Régis Boyer) parle « d’un style fait d’économie, de resserrement voire même de laconisme » ; moi je dirais : un bon gros poil dans la main des chroniqueurs islandais, oui. On voit bien que, contrairement à mes feuilletonistes chéris, ils n’étaient pas payés à la ligne…
En plus, les noms sont atroces. Peuvent pas s’appeler Olaf, Knut et Ingeborg, comme tout le monde ? Thorbjörn, Thorkell, Thördis, Bökr, Audr… Savoir déjà qui est un homme, qui est une femme… Je n’ai jamais réussi à fixer les choses, j’ai fini par vaguement bredouiller quelques consonances scandinaves, de toutes façons je ne savais jamais vraiment de qui on me parlait. Frère, cousin ? Ah non, c’est l’épouse… C’est vrai, je n’ai pas fait trop d’efforts pour m’y retrouver. Mais un arbre généalogique aurait vraiment été le bienvenu pour compléter l’édition, fort bonne par ailleurs. Une préface et des notes, rendent le tout vraiment compréhensible ; il ne manquait encore qu’une carte, mais ça c’est parce que j’aime les cartes.

Heureusement, ça finit par s’animer un peu. Je dis bien : un peu. Genre, pas de sentiments, pas de grandes batailles, pas de sang, de bruit, d’odeurs un peu fortes. Ouh là, non, malheureux, n’allez pas exiger cela de l’Anonyme ! Et puis, je crois qu’en ce qui me concerne ; l’éternelle question relayée par Fashion sur le présent de narration est tranchée : c’est niet. Surtout quand il est aussi sec : j’aime les descriptions. Les trente dernières pages sont un pue plus vivantes : enfin de l’action, du sang, de la vitesse. Mais là encore, frustration : tout est raconté très vite (du genre "voilà maintenant six ansqu'il est proscrit", p. 67, et débrouillez-vous pour y mettre ce que vous voulez), sans fioritures, comme si l’Anonyme voulait se débarrasser au plus vite de sa corvée de scribe avant d’aller retrouver les copains faisant du hockey – les Islandais jouaient-ils au hockey ?

Bref, pas du tout une réussite. J’ai voyagé, mais sans rien voir finalement. J’ai découvert, mais vraiment pas été conquise, emportée. Jamais je n’ai oublié que j’étais en train de lire ; souvent ce fut laborieux.
M'en vais relire Grégoire de Tours, moi.

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